Le dernier endroit à la mode pour accoucher dans la province du Gauteng? Les transports en commun…

Deux faits divers ont retenu mon attention ces derniers temps, et pas seulement parce qu’ils concernent mon sujet de recherche depuis une vingtaine d’années. Il se trouve que dans la province du Gauteng, à deux semaines d’intervalle, deux femmes ont donné naissance dans les transports en commun. Les compte-rendus attendris dans les journaux “appelez-la Quantum” (du modèle de minibus communément utilisé pour les “taxis” servant de transport public) ou l’annonce émue de la porte-parole de la direction du Gautrain louant la promptitude d’esprit de son personnel qui a réussi à aider la parturiente à mettre au monde son enfant dans la station de Park Station (imaginez une femme accouchant sur le quai du RER à Châtelet Les Halles!) voilent la réalité peu reluisante des maternités de la province. Elle met en relief la difficulté pour les demandeurs d’asile d’accéder à des soins médicaux, la situation critique des hôpitaux de la Province et la toute relative appréciation de leur mission de soins par les employés desdits hôpitaux.

La journaliste Anna Waters, qui a fait pour l’occasion la une du Star, un quotidien populaire local, est allée débusquer la vraie histoire du bébé du Gautrain. Et l’histoire qu’elle raconte est édifiante/effrayante. Elle a retrouvé la mère, Francine, une réfugiée congolaise arrivée de République Démocratique du Congo il y a un an, d’abord installée à Cape Town, et depuis seulement un mois à Pretoria. Ressentant les premières contractions jeudi dernier en début d’après-midi, elle se dirige vers l’hôpital de Tshwane (Pretoria) où l’on lui fait comprendre qu’on n’a pas de place pour elle. Après avoir attendu quelques heures, son mari décide de l’orienter vers l’hôpital Steve Biko où il reçoivent la même fin de non recevoir. Désespéré, le couple décide de tenter sa chance à Joburg où leur belle soeur, réfugiée comme eux, a donné naissance à un bébé quelques mois auparavant. Il est sept heures du soir lorsque le Gautrain (qui relie Pretoria à Joburg) entre en gare de Park Station avec une Francine souffrant de plus en plus et vomissant, sous les regards compatissants des autres passagers. Lorsque les portes s’ouvrent, les passagers appellent à l’aide. Les agents de sécurité de la station alertés arrivent, mettent Francine à l’abri des regards, et appellent l’ambulance. Celle-ci arrivera après que Francine ait mis au monde sa petite fille Emmanuella. Les ambulanciers prennent en charge la mère et l’enfant et les dirigent vers Charlotte Maxeke (l’hôpital de l’université de Wits) où là encore, les admissions la refusent et la réorientent vers l’hôpital de Hillbrow où elle finira par recevoir des soins médicaux au bout de huit (8!!!!) heures

Un article du Daily Maverick datant de 2014 faisait déjà allusion à l’accueil problématique des réfugiés dans les services de santé publics sud-africains. L’Afrique du Sud est signataire de la convention de l’ONU sur les réfugiés et la constitution leur garantit (théoriquement) le même accès aux services de soins publics qu’au citoyens sud-africains. En pratique, dénonce le Daily Maverick, il n’en est rien. Les hôpitaux publics ne prennent en charge les étrangers que moyennant un paiement cash avant tout examen médical. Ceux qui arrivent sans argent sont refoulés impitoyablement par les agents d’admission, quelque soit l’urgence de leur état. Les étrangers sont censés avancer 5000 rands à Charlotte Maxeke (l’hôpital universitaire de Wits) pour une urgence, 15 000 pour la maternité, et 250 000 pour des soins nécessitant une chirurgie cardiaque, les réfugiés disposent rarement de telles sommes…

Les directives nationales, provinciales et émanant de l’hôpital sont contradictoires, laissant une marge d’interprétation aux agents d’admissions dans les hôpitaux qui bien souvent renvoient les réfugiés sans papiers attestant de leur statut (très difficiles à obtenir) ni argent. Plusieurs associations réunies sous l’égide du Migrant Health Forum essaient de faire reconnaître les droits des réfugiés et des migrants à être pris en charge gratuitement dans les hôpitaux publics mais dans la pratique, il est difficile d’avoir un bénévole derrière chaque migrant cherchant une assistance médicale, et ce dernier en est réduit à la merci de l’agent des admissions de l’hôpital qui ne brille pas par sa capacité à l’empathie.

L’accueil des patients sud-africains n’est pas forcément moins rugueux. Si l’obstacle financier ne se présente pas dès lors que vous êtes en mesure de présenter votre carte d’identité sud-africaine, la rapidité de votre prise en charge n’est pas pour autant assurée. Les hôpitaux publics sont débordés. Il est de notoriété publique qu’une arrivée très matinale peut vous éviter d’attendre toute la journée, quelque soit la nature du soin demandé. C’est une constante ressortant des différents travaux que j’ai pu lire sur les prises en charge dans les centres de santé publics. Avoir un emploi et être traité dans un centre de santé public peut s’avérer problématique si l’on n’a pas un employeur compréhensif. J’ai consulté récemment, lors d’une exploration pour mon projet de recherche sur la maternité à Joburg les pages Facebook des maternités publiques. Dans la théorie, la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement c’est ça. Dans la pratique les pages FB des hôpitaux sont remplies de protestations de femmes mécontentes de la façon dont elles ont été accueillies lors de leur arrivée à l’hôpital, accusant le personnel d’accueil et les infirmières de racisme, de négligence et autres gentillesses.

L’accueil est médiocre, mais qu’en est-il des soins? La même recherche sur Internet m’a donné accès à de nombreux compte-rendus sur des maltraitance, voire des traitements inhumains de la part de membres du personnel soignant. Tel cet article où une zimbabwéenne raconte comment elle a vu mourir sous ses yeux son bébé alors que l’infirmière de service restait sourde à son inquiétude. Les autorités attribuent à la pression démographique et la demande pléthorique la piètre qualité des soins prodiguée dans des hôpitaux qui ne désemplissent pas. Le “shadow health minister” de la Democratic Alliance, Jack Bloom a une autre interprétation dans le discours intitulé: “The agony and misery of medical negligence” qu’il a tenu récemment. Le manque de moyens n’est pas une excuse développe t’il. La province du Gauteng consacre à la santé un budget très supérieur à bien des pays d’Afrique. Ce qui est en cause, ce n’est pas le budget, mais la qualité des soins qui est déplorable et coûte en frais judiciaires de véritables fortunes. Bloom détaille quelques cas épouvantables, dont beaucoup concernent l’obstétrique et souligne que les provisions pour risque judiciaire atteignent 40% du budget santé annuel de la province, ce qui est autant d’argent non investi dans l’amélioration des soins. Par ailleurs aucun professionnel n’a perdu sa place après des négligences évitables (oubli de compresse dans le ventre d’une césarisée, nouveau-né tombé sur la tête au moment de l’expulsion…) montrant que le système lui-même ne se donne pas les moyens de s’améliorer en écartant les soignants n’ayant pas les compétences requises pour leur poste. La puissance politique des syndicats de personnel soignant des hôpitaux publics contribue sans doute à expliquer cette impunité.

Au niveau national, selon un éditorial du ministre de la santé sud-africain Aaron Motsoaledi, près d’un tiers du budget de la santé pourrait être consacré au paiement des dommages et intérêts dû au titre des erreurs médicales. Le ministre de la santé mentionne une “épidémie des procès pour faute médicale” qui serait alimentée par les avocats ayant perdu leur fond de commerce des accidents de la route lors de la création du Road Accident Fund (un fond national d’indemnisation) et qui iraient démarcher les clients de façon un peu agressive dans les instituts ou écoles pour enfants handicapés. Les avocats étant rémunérés à proportion de ce qu’ils obtiennent, seraient tentés de faire surestimer les dommages pour maximiser leur gain.

Les compte-rendus à l’eau-de-rose ne disent pas si Emmanuella, le bébé du Gautrain, aura droit à une gold-card lui permettant de voyager gratuitement à vie sur le réseau. Les parents traumatisés ont dit vouloir témoigner pour que leur histoire puisse faire prendre conscience de l’inhumanité de la situation des femmes migrantes enceintes cherchant à se faire soigner. C’est assez troublant de voir à quel point, dans ce pays qui a tant combattu contre les mauvais traitements faits aux noirs par un régime raciste, les représentants du parti libérateur peuvent agir aujourd’hui dans un total déni de l’humanité des migrants et des pauvres, le plus souvent noirs, se présentant aux portes de leurs hôpitaux. “Black lives matter? Not in this country” disait Jack Bloom… Il y a des jours où l’on n’est pas loin de le croire…

 

 

Le rêve de Jacob…

Cela fait quelque temps que je n’ai pas abordé le sujet de la vie politique sud-africaine, non pas parce qu’il ne s’y passe rien. La vie politique locale est toujours très mouvementée, mais parce que, comme le disait je ne sais plus quel philosophe, le rire naît souvent de la distance qu’il y a entre la situation du rieur et la situation dont on rit. Or la vie politique occidentale, et notamment la campagne électorale française ces derniers temps, offre de plus en plus ses épisodes chaotiques et qui font douter de la démocratie dont les vies politique africaine et sud-africaine sont coutumières.

En cherchant une illustration pour ce premier billet “vie politique” de l’année 2017, je suis tombée sur cette peinture de Gauguin que j’aime beaucoup, bien qu’elle soit moins connue que celles de sa période tahitienne, peinture de la période “Pont-Aven”dont j’apprécie les couleurs et le mouvement et qui s’intitule “le combat de Jacob et de l’Ange”. Le titre résume ce que sera l’année 2017 pour le président Zuma. Comme cette peinture venait en illustration d’un site d’éducation religieuse, j’ai jeté un coup d’oeil sur le texte et  j’y ai vu quelque ironie.

Au fait, savez-vous qui est Jacob? Ne vous cachez pas derrière votre souris! Si vous ne l’avez jamais fait, plongez vous dans l’Ancien Testament, un des meilleurs livres qui ait jamais été écrits. Un de ceux que j’emporterais sur une île déserte, un condensé d’orgueil, de machinations, de jalousies familiales, d’adultère, de meurtres, de péchés plus laids les uns que les autres, bref un “page-turner” multi-millénaire! Jacob, c’est le fils d’Isaac, le père des douze tribus d’Israel, et depuis son enfance c’est un petit malin (héhéhé). Le prénom Jacob signifie “protégé de Dieu”… Jacob dans la Bible est un insoumis qui mènera un combat contre un ange (représentant Dieu) qui lui révélera ensuite dans un rêve qu’il a été choisi pour être le père du peuple élu (les théologiens me pardonneront ce raccourci).

L’année 2017 sera l’année du combat de Jacob Zuma et de l’ange de la Démocratie sud-africaine. Je ne sais pas si les calvinistes qui ont peuplé la région du Cap et les peuples africains christianisés croient aux anges, mais ils feraient mieux de prier pour que l’intérêt de tous prévalent et non seulement ceux des affidés du clan Zuma. Pourquoi donc cette importance de 2017? En décembre 2017 aura lieu le grand congrès durant lequel l’ANC, au pouvoir depuis vingt-deux ans, désignera le ou la successeur(e) de Jacob Zuma à la tête de l’ANC. Ce ou cette successeur(e) sera évidemment le candidat désigné de l’ANC aux élections présidentielles de 2019. Et l’avenir de Jacob Zuma et de ses 783 charges pour corruption, trafic d’influence etc. on en a parlé ici, dépendra évidemment de la désignation de son/sa successeur/e.

2017-02-25

Les deux poids lourds en lice sont un homme et une femme (combat très paritaire, il faut le souligner): Cyril Ramaphosa, l’un des rédacteurs de la constitution sud-africaine, milliardaire aux intérêts multiples, actuel vice-président de l’ANC qui se voyait déjà promis à la présidence, comme ses prédécesseurs avant lui avaient “naturellement” glissé de la vice-présidence à la présidence, et Nkosazana Dlamini Zuma, femme politique, ancienne ministre de la santé sous Mbeki ayant contribué à retarder l’admission de la bombe sanitaire qu’était le SIDA, ayant récemment terminé son mandat de présidente de l’Union Africaine, où elle n’a guère brillé, mais et c’est surtout le noeud du problème ex-femme de Jacob Zuma, mère de deux de ses enfants, et ayant son rondavel particulier à Nkandla, fief des Zuma.

Le clan Zuma est tout entier à son travail de sape contre Cyril Ramaphosa. Vieux routier de la politique, celui-ci s’est enrichi au moment de l’accession à la démocratie grâce à ses relations politiques avec l’oligarchie blanche. Il est devenu un homme d’affaires respecté, actionnaire minoritaire et membre de multiples conseils d’administration des plus grandes sociétés du pays. Il est perçu comme un allié du capital et du milieu des affaires dans une ANC où le Parti Communiste et l’union des syndicats COSATU sont des composantes non négligeables. Ses états de service ont également été ternis par le rôle qu’on lui prête dans les évènements tristement célèbres de Marikana, en août 2012 où il est soupçonné d’avoir pesé pour une intervention musclée de la police contre les manifestants et grévistes de cette mine de platine pour favoriser ses intérêts et ceux de ses co-actionnaires.

L’affaire s’est soldée par une trentaine de morts et soixante dix blessés dont un certain nombre avec des balles dans le dos… Marikana a marqué les débuts de la défiance de l’électorat traditionnellement ANC avec le parti de Mandela. Qu’un gouvernement issu des luttes de la libération de l’apartheid fasse tirer sur des travailleurs noirs qui constituaient son vivier naturel de voix a ébranlé l’opinion et ouvert la voie aux autres partis.

La route est longue jusqu’au congrès de décembre et pour l’instant bien malin qui pourrait prédire qui sortira vainqueur (ou vainqueure?) de la lutte interne à l’ANC qui s’engage. A l’extérieur du parti, les partis d’opposition, la Democratic Alliance (DA) qui a gagné le contrôle de quatre des grandes métropoles sud-africaines aux dernières élections locales, et l’EFF (les Economic Freedom Fighters) de Julius Malema, semblent vouloir tout faire pour empêcher Jacob Zuma de terminer son mandat, et surtout de faire nommer comme successeure, une personne qui aurait tout intérêt à enterrer les affaires judiciaires du père de ses enfants.

En attendant, Jacob Zuma se montre combatif. Début février a eu lieu le traditionnel discours sur le”State Of The Nation”, à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire de l’année à Cape Town. C’est un évènement annuel, toujours très solennel, où le président vient en grande pompe prononcer ses voeux et son programme pour l’année qui commence devant le Parlement. Le discours est suivi pendant plusieurs jours de réceptions à Cape Town, et de réponses des parlementaires de l’opposition au programme énoncé par le président. Cette année, redoutant plus encore que les années précédentes les manifestations de ses opposants, le chef de l’Etat a fait renforcer les sécurité sur le parcours qu’il devait effectuer avant d’arriver au Parlement. Il a fait appel, de manière tout à fait exceptionnelle à l’armée pour renforcer le discours policier, s’attirant les commentaires désobligeants des partis d’opposition, prompts à brandir la menace de la fin de la démocratie.

La numéro un du parlement a fait évacuer sans ménagement les représentants de l’EFF qui manifestaient bruyamment leur désaccord avec les agissements du chef de l’Etat et s’opposant à ce qu’un chef d’Etat reconnu coupable de non-respect de la constitution s’exprime dans l’enceinte du parlement. La twittosphère a repassé en boucle le visage grimaçant de Julius Malema rudoyé par les personnels de sécurité, et escorté sous bonne garde avec ses co-députés en dehors de l’assemblée. Le “community manager” de la présidence d’Afrique du Sud s’est même fendu d’un “ahahahaha” en réponse à la plainte de Malema alléguant que les Pandore lui auraient massacré les bijoux de famille pour obtenir sa coopération et le faire sortir…

Evidemment, le fond du discours de Zuma a été moins abondamment commenté que les évènements périphériques et la démonstration de force de l’EFF qui a refusé de laisser le président s’exprimer avant d’être violemment sorti de l’assemblée par les policiers en civil.

Le président Zuma n’a rien d’un orateur captivant, et après la demi-heure de bras de fer entre la numéro un du Parlement Baleka Mbete, et la sortie (pacifique celle-ci) des représentants du DA suite au refus de la même Baleka Mbete de faire respecter une minute de silence en mémoire des victimes de Life Esidemeni. Le président Zuma est désormais largement inaudible ce qui ne l’empêche pas de tirer les ficelles en arrière-plan. Ainsi il a contraint un député de la Province du North West à démissionner pour laisser sa place à Brian Molefe, ex-directeur d’Eskom ayant été pointé du doigt par l’ex Public Protector Thuli Madonsela dans le rapport “State Capture” pour sa collusion avec la famille Gupta. La rumeur prétend que cela paverait la voie à un remplacement du ministre des finances honni par le clan Zuma, Pravin Gordhan, par un affidé de Zuma qui pourrait permettre à sa famille de continuer à s’enrichir en négociant des commissions sur des marchés publics…

Les rêves de Jacob Zuma risquent fort d’être perturbés en cette dernière année où il assure la présidence de l’ANC. Mais comme son homologue de l’ancien testament, la ruse est une de ses qualités maîtresses et il ne serait pas étonnant qu’il n’hésite pas à en jouer…

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I wish you Love!

Chers tous, après une longue absence (et oui, dans l’hémisphère sud c’était les grandes vacances!), après un périple au Nord et au Sud pour reconnecter avec la famille etc. je suis enfin de retour à Johannesburg et prête à repartir pour de nouvelles aventures. Avant d’attaquer mon premier billet (rassurez-vous j’en ai plein dans ma hotte), et comme il est d’usage en début d’année, je voulais vous exprimer mes meilleurs voeux pour cette année 2017.

L’an dernier, en 2016, je n’ai pas trouvé de mots pour envoyer des voeux, moi qui auparavant, tâchais de trouver avec constance quelques rimes ou quelques idées pour m’acquitter de cet exercice, et illustrer la familiale photo de vacances tous sourires dehors, j’avais trouvé qu’avec ce qu’avait vécu mon pays en novembre, avec les attentats, le chaos qui a suivi, tout cela était très vain. Et je l’avoue mon coeur n’y était pas. En 2017, je ne peux pas dire que l’avenir soit moins incertain qu’il ne l’était l’an dernier, et les images anxiogènes relayées dans les médias et les réseaux sociaux ne sont pas pour nous apaiser. Mais j’ai eu quand même envie de me prêter de nouveau au jeu… Mais que souhaiter? Comment l’exprimer, comment vous englober tous, ceux qui me sont chers, ceux que je ne connais pas et qui lisent ce blog, ceux que je connais et qui ne lisent pas ce blog, ceux que j’ai rencontrés cette année, mes très vieux amis…  J ‘ai trouvé mon bonheur, moi qui suit si peu calée dans l’art poétique, dans cet extrait d’une chanson de Frank Sinatra (qui l’avait piquée à Trenet, mais dont je trouve la traduction particulièrement à mon goût!), à fredonner sur l’air de “que reste-il?”…

I wish you bluebirds in the spring, to give your heart a song to sing,
And then a kiss, but more than this, i wish you love.
And if you like lemonade to cool you in some lazy glade,
I wish you health, and more than wealth, i wish you love.

C’est tout ce que je vous souhaite pour 2017, foin des grands mots, des envolées lyriques, des pensées creuses… Car comme le disait Saint Thomas: “s’il me manque l’Amour, je ne suis rien”.  Non l’amour n’est pas une notion hippie passée de mode, un truc pour les babas cool mal dégrossis ou les rastas dans les vapeurs de MJ… Ce billet n’est pas non plus une incitation à vous lancer toutes affaires cessantes dans une relation torride… je ne vous referai pas le cours sur l’Eros et l’Agapé (vous pouvez toujours chercher sur Wikipédia, ça vous changera de Facebook), mais je pense que c’est le plus petit dénominateur commun de la construction d’un monde respirable pour tous. Et compte-tenu des défis qui attendent notre planète pour l’année qui vient, “juste un peu d’amour” cela ne serait déjà pas si mal! dsc_6815