Vera:”un tel moment d’indignité”(Devenir mère à Johannesbourg, Part 5)

J’ai rencontré Vera via une informatrice qui m’avait indiqué connaître une ou deux femmes blanches ayant accouché dans des hôpitaux publics à Johannesbourg. Pour échapper à l’interprétation dichotomique “les blanches accouchent dans le privé/les noires accouchent   dans le public”, j’avais besoin d’interviewer aussi des blanches ayant donnée naissance dans le secteur public (gouvernemental comme on dit à Jobourg). Elle m’a présenté Vera, une amie d’amie. Nous nous sommes donné rendez-vous dans le coffee shop d’un grand mall récemment rénové à l’ouest de la ville, pas trop loin de chez Vera, qui partage sa voiture avec son mari. Celui-ci s’éclipse quand j’arrive au coffee shop et elle l’appellera à la fin de notre conversation. 

J’ai vingt-huit ans, ma fille en a trois. Je suis née dans un hôpital public, ma mère a toujours accouché à Joburg Gen (ancien nom de l’hôpital public de Joburg rattaché à l’université de Wits). Quand nous nous sommes mariés il y a quatre ans nous souhaitions avoir un enfant assez vite. C’est arrivé assez facilement. Je m’en suis aperçue à six semaines de grossesse et j’ai fait les tests à huit semaines. Puis je suis allée à l’hôpital.

Je savais que je devrais obligatoirement avoir une césarienne. Ayant été opérée du dos dans mon enfance, les médecins m’avaient dit que ça pourrait entraîner des complications pour un éventuel accouchement par voie basse. Nous n’avions pas d’assurance de santé privée, nous ne pouvions pas nous le permettre. Je venais d’être licenciée de mon job d’assistante dans une école maternelle, mon mari bossait dans le restaurant de son oncle. Nous n’avions pas d’argent et je pensais que l’hôpital public n’était pas si mal que ça. L’hôpital Raïma Moosa est le plus proche de la maison, et c’est un hôpital spécialisé mère/enfant, donc ça me paraissait un bon choix.

Pendant toute la grossesse, aller à l’hôpital pour la consultation bimestrielle au début, puis mensuelle après six mois, était une épreuve. Je devais me lever à 4h30 du matin, pour être à l’hôpital à 5h30 pour ne pas y passer trop de temps. Tu es appelée en fonction de ton ordre d’arrivée. A chaque fois on était des dizaines assises de longues heures sur des bancs en bois, les infirmières n’arrivaient qu’à 7h30. Les infirmières n’avaient aucune patience, elles criaient. On se serait cru à l’armée: premier rang debout! Elles vous hurlaient dessus sans arrêt, c’était stressant. J’avais peur de ne pas faire ce qu’il fallait et de perdre mon tour. Comme j’étais souvent la seule blanche, je ne voulais pas non plus me faire remarquer. Parfois dans le regard des autres et surtout des infirmières, je sentais cette interrogation: “mais qu’est-ce que tu as fait pour être là? Quelle sorte de blanche es-tu?”. Je n’avais surtout pas envie que l’une d’elles me prenne en grippe.

Nous étions était appelées en groupe devant les infirmières qui reprenaient nos dossiers. Elles parlaient à plusieurs femmes en même temps, il n’y avait aucune intimité. Elles nous donnaient à toutes un récipient pour faire pipi dedans, les portes des toilettes ne fermaient pas, il n’y avait pas de papier, on faisait tout sous le regard des autres. C’était assez  déshumanisant. Je suis grosse, je n’aime pas mon corps. Pendant ma grossesse, j’avais des vergetures sur le ventre. Je me souviens de ce groupe d’adolescentes qui me dévisageaient et qui ont commencé à me toucher le ventre pour sentir ce que ça faisait. Aucune n’a demandé la permission de toucher, de regarder. Je ne voulais pas protester, être prise pour quelqu’un qui se croit supérieur.

C’était le bazar, il y avait des filles enceintes jusqu’aux dents qui fumaient dans l’entrée de l’hôpital. Personne ne leur disait rien. Les infirmières nous traitaient comme si nous étions des enfants gâtées. J’essayais de me faire la plus transparente possible, je ne voulais pas qu’elles me singularisent, qu’elles croient que je faisais la fière. Je jouais la soumission, je ne voulais surtout pas qu’elles me renvoient à la fin des consultations. Après les tests (sanguins, urine, poids, etc.) je voyais le médecin, rapidement.

Le pire ça a été pour la césarienne programmée. Ca m’a profondément choquée. Je pensais qu’une césarienne programmée allait être plus simple. Dès la première consultation à l’hôpital on avait programmé la césarienne pour le 21 avril. Je suis rentrée le 20 avril à l’hôpital, à neuf heures du matin. On m’a installée dans une salle avec plein de femmes en différentes phases de travail. Il y avait une trentaine de lits, séparés d’un mètre cinquante. Je me souviens que la femme en face de moi était nue à partir du bassin. Il y avait des femmes vraiment en travail, qui avaient l’air de souffrir énormément, et on se moquait d’elles. “Taisez-vous! Restez tranquilles!” leur disaient les infirmières. Il y avait cette infirmière qui circulait avec des seaux de matière sanglante… J’avais l’impression d’être une vache attendant son tour sur une chaîne d’abattage. C’était l’horreur! On m’a amenée dans une chambre vers six heures du soir avec toutes celles qui étaient programmées pour une césarienne le lendemain, nous étions une dizaine. On nous a dit que nous pouvions prendre un bain.

J’ai attendu que ce soit plus calme, vers deux heures du matin, je suis allée à la salle de bains. La baignoire était répugnante. J’avais prévu et j’avais amené ma crème à récurer. Il n’y avait ni bonde, ni douche dans la baignoire. Je n’ai pas pu me laver. On ne nous a jamais dit l’heure à laquelle nous étions censées avoir nos césariennes, ni le nom du médecin qui devait nous opérer. L’anesthésiste devait passer le soir pour discuter de la possibilité d’une péridurale. Il n’est jamais venu. A sept heures du matin, le 21 avril, les infirmières sont venues nous poser des intraveineuses, et nous avons attendu. Elles nous ont dit qu’il y avait eu une panne d’électricité au bloc et qu’elles ne savaient pas quand nous passerions. A deux heures du matin, le jour suivant (le 22 NDRL), les infirmières sont venues me chercher. j’ai eu à peine le temps d’envoyer un texto à mon mari, pour lui dire que j’allais rentrer au bloc. Il n’avait pas le droit d’assister à la césarienne.

Arrivée au bloc, un médecin m’a dit: “OK, on va vous césariser”. Il n’avait pas lu mon dossier. J’ai dû lui dire que j’avais eu une opération du dos. Il m’a dit: “on va vous faire une anesthésie générale”. C’était un docteur noir, il n’avait pas l’air du tout de s’intéresser. Il ne m’a pas regardée et m’a en tout parlé deux minutes. Il y avait cinq personnes au bloc, principalement des internes. L’un des internes m’a mis un masque sur le nez, et je ne me souviens plus de rien. Quand je me suis réveillée, un interne m’a demandé: “comment vous sentez-vous?”. Je lui ai dit que je ressentais une brûlure terrible au ventre. Ils m’ont donné de la morphine. Ils avaient calé ma fille sous mon bras, sur mon brancard et ils m’ont emmenée en salle de réveil. J’ai dormi pendant six heures, après quoi une infirmière m’a secouée. “Réveille-toi, tu dois nourrir ton bébé!”. Je me sentais tellement mal. On m’avait donné une de ces chemises d’hôpital, que je devais porter avec la fente devant. J’étais totalement nue, exposée, avec plein de traces de sang séché sur mes cuisses et mes jambes. On ne m’avait même pas nettoyée après la césarienne. Je me sentais humiliée. J’étais encore vaseuse à cause de la morphine. Aucune de nous n’était habillée, on avait toutes encore ces chemises d’hôpital ouvertes devant, tachées de sang. On avait à se lever et prendre nos bébés, essayer de les allaiter… il n’y avait aucune intimité. C’était extrêmement douloureux de se lever.

Lorsque j’ai essayé de nourrir ma fille, le fun a commencé. Je n’avais pas de lait. J’ai dû aller voir les infirmières qui ont commencé à me malaxer la poitrine pour stimuler la production de lait. Je me sentais stupide. Il devait y avoir du lait là-dedans non? Elles m’ont donné du lait maternisé à donner à ma fille. Je ne voulais absolument pas lui donner le biberon, je voulais la nourrir. Donc je lui donnais dans une petite tasse. C’était très acrobatique et très stressant. Il faisait une chaleur monstrueuse dans la salle. J’étais stressée, ma fille était nerveuse, elle le sentait. Toutes les deux heures les infirmières nous réveillaient pour que nous nourrissions nos bébés. J’étais dans les vapes. Je devais leur montrer à chaque fois que je n’avais pas de lait et quémander un peu de lait à donner à ma fille. J’ai fini par leur dérober du lait en douce, pour ne plus avoir à subir leur contrôle.

Le deuxième jour, un médecin est venu vérifier nos cicatrices. Il m’a dit que je pourrai sortir le lendemain. J’étais soulagée. J’ai refusé les anti-douleurs parce que je ne supportais plus la morphine. Le lendemain matin, ils nous ont dit de libérer nos lits pour les femmes qui allaient arriver. Ils nous ont toutes fait assoir sur des chaises autour de la table au centre de la salle. nous devions attendre la visite du pédiatre pour sortir. Nous sommes restées jusqu’à six heures du soir. Elle est arrivée, et elle n’a même pas consacré deux minutes à regarder chaque bébé.

Lorsque je suis arrivée chez moi, j’ai pu enfin prendre une douche. J’ai mis au moins une demi-heure à me frotter et me savonner pour me débarrasser du sang séché. J’étais en miettes, ma fille était nerveuse, et on a mis un peu de temps à s’ajuster. Elles ne m’ont même pas expliqué à l’hôpital comment m’occuper d’elle, à quelle fréquence la nourrir, comment la laver, la coucher… Je ne savais pas combien de temps je continuerai à saigner… Je n’en suis pas morte, ma fille non plus, elle va plutôt bien maintenant. Mais je me souviendrai toujours du manque total de dignité que j’ai ressenti, de la négligence, de la méchanceté. Ca a été très traumatisant.

 

 

 

 

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Lerato: “ma mère ne m’a jamais pardonné” (Devenir mère à Johannesburg, part 4)

J’ai rencontré Lerato via une amie. Elle est chargée de la communication d’une petite entreprise. Elle m’a fait l’effet d’une jeune femme intelligente, joyeuse, dynamique et éminemment sympathique. J’ai été surprise d’apprendre qu’elle avait déjà une fille. Elle a accepté de me revoir pour me raconter son histoire. Nous nous sommes donné rendez-vous dans un coffee-shop d’un centre commercial un peu déglingué des années 70, près de son boulot. Nous nous sommes placées à l’extérieur, un peu en retrait pour profiter d’un peu plus d’intimité et du soleil d’hiver.

J’ai 23 ans, je suis une ‘born free’, je suis née après l’avènement de la démocratie dans ce pays. Ma mère n’a pas fait d’études, mais elle a créé sa propre entreprise et elle fait maintenant partie de la classe moyenne aisée. Elle s’est arrangée pour nous envoyer, mes frère et soeur et moi dans des bonnes écoles, des écoles ‘model C’ pour que nous puissions être les premiers de la famille à entrer à l’université.

Après mon Matric, j’ai été admise dans une bonne université, j’avais la vie devant moi. En deuxième année, j’ai rencontré ce mec qui était divinement beau, il faisait de la musique, c’était mon premier petit copain. On ne nous a jamais rien dit, on ne nous prépare pas à ça, nous les filles. Les mères noires pensent que tu ne peux pas avoir d’activité sexuelle et que si on t’en parle ça va te donner des idées. Ma mère est très religieuse. Pour elle c’est jamais avant le mariage. Je n’ai jamais connu mon père, je sais vaguement à quoi il ressemble. Même si elle a divorcé très peu de temps après nous avoir eus, elle était mariée quand nous sommes nés. Elle n’a jamais connu la honte d’un enfant hors mariage. Elle avait de grandes ambitions pour moi. Elle voulait que nous fassions honneur à notre lignée.

Je suis l’aînée, personne de mon entourage ne m’a dit de faire attention, de prendre une contraception. Je ne me souviens pas qu’on en ait parlé dans mon lycée. Je ne croyais pas que ça pouvait arriver aussi vite. Je me suis aperçue assez tôt que quelque chose n’allait pas. Je suis allée voir un médecin près de l’université, il m’a confirmé que j’étais enceinte de 6 semaines. Je n’ai jamais pensé à l’avortement, c’était inconcevable pour moi, je n’ai pas pris la peine d’y penser, j’étais tellement amoureuse! Aujourd’hui j’y réfléchirais plutôt deux fois qu’une. J’ai été très déçue par l’attitude du père de mon enfant. Il s’est complètement désintéressé de moi du jour au lendemain. En quelques semaines, il a trouvé quelqu’un d’autre… Ma fille a un frère qui a trois mois de moins qu’elle! Elle s’interrompt et lève des yeux brillants de larmes vers le ciel. Elle le fera à plusieurs reprises pendant l’entretien qui remue des choses auxquelles elle n’aime pas penser. Je lui proposerai d’arrêter mais elle me dit que ça lui fait du bien d’en parler à quelqu’un.

Je l’ai dit à ma mère qui était furieuse. Elle m’en veut toujours, alors que ma fille est née il y a presque deux ans. Elle me mène la vie dure. Au début de ma grossesse, je suis allée à l’hôpital public, parce que ma mère ne voulait plus entendre parler de moi. Quand tu vas à l’hôpital public, c’est une perte de temps, tu y passes ta journée, tu loupes ton travail, et la qualité des soins est très mauvaise. Tous ceux qui peuvent l’évitent à tout prix! Heureusement, ma soeur a plaidé ma cause auprès de ma mère. Comme je n’avais pas encore 21 ans, son l’assurance de santé privée a pris en charge une partie des frais. J’ai fini par échapper à l’hôpital public. Je garde le sentiment d’une très grande solitude pendant cette grossesse, je n’ai eu aucun soutien. J’aurais aimé pouvoir discuter, partager…

J’ai trouvé une gynéco qui officiait dans une clinique privée pas trop loin de la maison. Je suis allée la voir tous les mois jusqu’à la naissance. Elle me faisait tous les examens, plus l’échographie. Ca ne durait jamais très longtemps. Si j’avais des questions, je recherchais sur Internet. Je n’ai pas pris de cours de préparation prénatale, je ne savais pas que ça existait. Gugulethu est née par césarienne à 36 semaines. Je ne la sentais plus bouger comme d’habitude, je savais que quelque chose n’allait pas. Je suis allée voir ma gynéco, elle m’a dit que mon bébé était en détresse, qu’il fallait faire une césarienne d’urgence. J’étais perdue. J’ai appelé le père qui m’a dit de refuser la césarienne. Puis ma mère est arrivée, et j’ai été soulagée.

J’ai eu trois jours/nuits à la clinique pour apprendre comment m’occuper de mon bébé, comment la changer, la baigner, la nourrir. Les infirmières étaient super. L’allaitement a été assez galère au début, mais je me suis accrochée. Pendant les premiers mois, j’ai décidé de vivre au rythme de ma fille. Elle dormait dans ma chambre (nous partageons toujours la même chambre chez ma mère), je dormais quand elle dormait, et quand elle se réveillait je l’allaitais, je la baignais, je jouais avec elle. Nous avons une domestique à la maison, donc je n’avais que ça à faire. ça et aller sur les forums Internet pour avoir des réponses à mes questions, j’ai beaucoup lu aussi. Au bout de trois mois, je suis retournée au boulot.

Lorsque j’ai vu la vie que me faisait ma mère après que je lui aie annoncé ma grossesse, j’ai décidé d’arrêter mes études pour trouver du boulot. Je voulais pouvoir assumer mon bébé. Mon idéal était de devenir indépendante. J’ai trouvé un premier boulot dans une boîte. Ca n’a pas été si compliqué. J’y suis allée au culot, et ça a marché. L’an dernier, j’ai changé pour mon emploi actuel. Mais bon, ce n’est pas suffisant pour me permettre d’aller vivre ailleurs que chez ma mère. Tout ce que je gagne, je le dépense pour ma fille. J’a dû trouver une nounou, qui habite un peu plus loin en bas de ma rue pour s’en occuper.

Ma mère et moi travaillons, mon frère et ma soeur étudient, il n’y personne à la maison pour garder Gugulethu. Ma soeur m’aide un peu, elle me la garde de temps en temps le soir, pour que je puisse sortir, elle joue avec elle. Ma mère est très gentille avec ma fille, elle lui offre plein de trucs. Mon frère s’en désintéresse. Ma mère et moi nous n’avons jamais retrouvé les mêmes relations qu’avant ma grossesse. Je me suis inscrite à UNISA (université d’Afrique du Sud qui donne des cours par correspondance), je vais essayer de passer un diplôme en communication ou en gestion pour trouver un boulot qui paye mieux.

L’histoire de Lerato n’est pas une histoire exceptionnelle. Les grossesses précoces ne sont pas uniquement le fait de jeunes filles des townships. La bigoterie de la société et le manque d’éducation sexuelle (j’en ai parlé ici) sont assez répandus quel que soit le milieu social. L’attitude de la mère de Lerato n’est pas non plus inédite, même si elle est probablement celle qui a le comportement le plus dur envers sa fille. Elle ne la jette pas hors du domicile familial et lui assure le gîte et la couverture médicale, mais toute son attitude souligne sa désapprobation de la situation de sa fille. Elle a aussi une attitude constatée dans des études sur les mères adolescentes, celles-ci ont souvent l’impression que leurs parents reportent sur leurs enfants l’affection et les attentions qu’ils avaient avant pour les jeunes femmes.

Contrairement aux autres interviewées pour lesquelles l’ire maternelle s’est éteinte avec l’arrivée de l’enfant, la mère de Lerato ne montre pas plus de mansuétude après la naissance. Parmi les histoires recueillies, il semblerait que les milieux sociaux les plus favorisés tolèrent moins les écarts à la norme du ‘pas d’enfant hors mariage’ que les autres et qu’ils le font payer plus durement à celles qui dévient. Une des mes interviewées m’a parlée d’une des ses cousines, ayant eu un enfant alors qu’elle était à l’université, et qui travaillait pour reprendre ses études, mais dont la famille sollicitait qu’elle envoie toujours plus d’argent pour payer la garde de son enfant (elle l’avait envoyé dans le Eastern Cape chez une de ses tantes), compromettant les chances que la jeune femme puisse économiser assez pour finir sa scolarité…