A propos de ce blog

Mon premier contact avec l’Afrique, si l’on excepte ma période intra-utéro car il est plus que probable que j’y ai été conçue, c’était à la fin des années 60, huit jours après ma naissance, quand ma mère repris l’avion de la métropole, où elle venait d’accoucher, pour rentrer en Algérie à ce qui s’appelait encore Rovigo, petite bourgade où mon père travaillait alors comme médecin de la coopération. L’Afrique est mêlée à mon histoire familiale. Je suis issue des deux côtés d’une lignée de voyageurs, un peu malgré eux, dans la déliquescence de l’empire colonial français. Dakar, Alger, Rabat, Le Caire, Ismaïlia, Nouadhibou, Atar, Thiès, Rufisque, Bangui, Douala, etc… tous ces noms familiers m’ont accompagnée depuis l’enfance. Ils correspondent tous à des épisodes plus ou moins lointains de l’histoire familiale. Je suis rentrée pour étudier en France à la fin des années 70, et je l’ai un peu oubliée.

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J’y suis revenue par étape, par petits bouts, en tant que voyageuse avec François, mon mari, et nos enfants, à partir des années 2000. Madagascar, les Seychelles, Maurice, La Réunion, le Kenya, la Tanzanie, l’Afrique du Sud, la Namibie. Et là j’ai compris que je ne l’avais pas oubliée. Qu’il y a en elle quelque chose qui aimante ceux qui y ont vécu, et qui en gardent soit une grande nostalgie, soit ne cessent d’y retourner. Oui, malgré ces images désastreuses présentées à l’envi par les médias occidentaux depuis le Biafra et les grandes famines en Ethiopie! (Vous vous rappelez “USA for Africa”? les enfants faméliques aux yeux éteints et aux mains tendues, les guerres civiles, les élections truquées et les génocides…)

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Il y a un an et demi François m’a proposé de déménager à Johannesburg, nos trois enfants étant étudiants, le dernier sur le point de déserter ce qui a été notre domicile familial depuis quinze ans en région parisienne, je n’ai pas mis longtemps à accepter, malgré la réputation épouvantable de cette ville. Je ne connaissais de l’Afrique du Sud que certains endroits très touristiques: les environs du parc Kruger, nous n’avions jamais pris la peine de nous arrêter à Joburg… qui nous avait impressionnés par ses maisons aux hauts murs surmontés de barrières électriques et par ses townships de “matchbox houses” très étendus. L’idée de découvrir ce pays de l’intérieur, en étant idéalement intégrés au tissu économique, nous pouvions tous les deux bénéficier de visas de travail, me paraissait très tentante. Nous sommes donc depuis le mois d’octobre résidents à Johannesburg, province du Gauteng et poumon économique de l’Afrique du Sud.

Ce blog est donc le produit de ce déplacement, de cette découverte du pays de Mandela et de tant d’autres personnages passionnants. J’ai été adolescente pendant les émeutes de Soweto, j’ai suivi d’Europe les aventures de l’ANC et vibré avec le Biko de Peter Gabriel.

Pour moi, la libération de Mandela et la fin de l’apartheid ont constitué un événement aussi significatif que la chute du Mur de Berlin. Vous y trouverez des chroniques sur la vie en Afrique du Sud, des comptes-rendus de mes lectures, de mes visites, et de mes étonnements, nourris par mon histoire avec le continent africain, et par mon regard de sociologue.

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Un dernier mot sur le titre du blog: Ngisafunda. Ngisafunda c’est une forme verbale zouloue qui veut dire je lis/ j’apprends encore. Une formule qui résume ma philosophie de l’existence, moi qui n’ai jamais arrêté d’étudier. J’ai décidé d’apprendre une langue africaine en arrivant parce qu’il me semblait que vivre dans un pays sans en parler l’une des langues les plus utilisées après l’anglais et l’afrikans, langue des colonisateurs, c’était ignorer tout ce qui s’était passé depuis la décolonisation. Lectrice assidue depuis ma plus tendre enfance (dans les années 70, la télévision n’existait pas dans le coin d’Afrique de l’Ouest où nous avions élu domicile), j’ai repris avec plaisir un rythme de lecture soutenu, la recherche d’emploi ne s’avérant pas plus facile ici qu’en France. Ce blog reviendra donc sur mes lectures africaines. La littérature sud-africaine ne se limite pas aux Paton, Brink et Gordimer, tous talentueux qu’ils soient. Ce blog évoquera aussi mes rencontres et mes interrogations, face à une société sud-africaine qui est en perpétuelle réinvention depuis ses premières élections démocratiques en 1994…

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