Il faut qu’on parle du Zimbabwe…

Oui, il faut qu’on parle du Zimbabwe. Je n’y suis pas encore allée (escapade prévue aux Vic Falls dans l’année à venir!!!) mais on ne peut pas vivre à Joburg sans entendre parler de ce pays frontalier avec lequel l’Afrique du Sud possède certains points en commun. Colonisé par le très controversé Cecil Rhodes, ce territoire au nord de l’Afrique du Sud est l’un de ses alliés historiques (des membres éminents de l’ANC pendant la lutte contre l’apartheid y ont trouvé refuge), un de ses principaux partenaires commerciaux, et aussi, en raison de sa situation économique et politique délicate, un de ses principaux pourvoyeurs en immigrants, légaux ou clandestins. L’année 2015 aurait vu un nombre record de demandes de visas de zimbabwéens pour l’Afrique du Sud, l’ambassade d’Afrique du Sud à Harare en a recensé 72 000, mais combien de zimbabwéens ne s’embarrassent pas de formalités et passent juste la frontière pour tenter leur chance?

Ce qui est sûr c’est qu’on ne peut manquer de remarquer la présence de zimbabwéens dans tous les secteurs de la vie économique. Avec des taux de chômage annoncés (et invérifiables) entre 60 et 90% au fabuleux pays de Robert Mugabe, il n’y a pas vraiment lieu de s’en étonner. Les zimbabwéens s’intègrent assez bien dans la vie sud-africaine et trouvent des emplois car (jusqu’à présent) l’éducation zimbabwéenne avait très bonne réputation en Afrique du Sud. A tel point que les travailleurs zimbabwéens renvoyaient leurs enfants dans leur pays pour les y faire scolariser. La tendance pourrait s’inverser, la situation des caisses de l’Etat zimbabwéen lui permettant de moins en moins de faire face à ses échéances, et les grèves d’enseignants qui n’ont pas reçu leur paye, ne sont pas pour rassurer. La presse n’étant pas vraiment libre au Zimbabwe, il est difficile de savoir ce qui s’y passe. Il se trouve que j’ai eu l’occasion de lire un recueil de nouvelles de la zimbabwéenne Petina Gappah qui s’arrache comme des petits pains au rayon de littérature africaine chez Waterstone’s à Londres (merci à ma merveilleuse Valentine de me l’avoir fait découvrir).

Comme je l’ai écrit dans un de mes précédents posts, parfois, la littérature est un bon moyen de faire connaissance avec un pays, surtout lorsqu’on n’y a jamais mis les pieds ou que les médias y sont entravés par la censure. “Rotten Row”, qui est une version corrodée de “la route du roi” (!!) est le nom familier de l’endroit où se situe le tribunal d’Harare, capitale du Zimbabwe. Dans ce recueil de nouvelles plus ou moins interconnectées, Petina Gappah, avocate de formation nous raconte des histoires qui trouvent ou non leur issue au tribunal d’Harare. Dans ce livre mordant, l’auteure n’épargne pas ses coups. Elle brosse le portrait d’une  société zimbabwéenne pétrie de contradictions, engluée dans la crise économique. Une société où les profiteurs s’engraissent sur la bête pendant que les autres vivent de sermons, de cantiques et d’expédients. Une société où la justice ne joue pas son rôle de protecteur des faibles, et la corruption est omniprésente. Où les puissants peuvent écraser des misérables avec leur voiture de luxe devant des témoins sans que les procédures aboutissent. Où les hommes et les femmes sont écrasés par le poids des traditions, croient en la sorcellerie et ses pouvoirs, etc..

Il faut lire ce livre fascinant qui recèle de petites perles. On y découvre les vies de zimbabwéens ordinaires confrontés à des injustices où à une justice trop expéditive, un assistant de taxi lynché par la foule, des scènes de ménage, des chamailleries entre femme légitime (selon le droit) et épouse coutumière, une querelle entre deux vendeuses de rue, des accusations de sorcellerie… Des récits parfois caustiques, parfois doux-amers… Deux nouvelles m’ont particulièrement touchée. L’une, plutôt caustique “the old familiar faces” décrit la face sombre de l’univers des ONG, particulièrement dynamique en Afrique et en Afrique Australe où elles sont un secteur économique à part entière. Elle se déroule pendant une convention où les suspects usuels, les gestionnaires locaux d’ONG, ces crocodiles qui ont trouvé le bon filon pour recevoir régulièrement des subsides en devises étrangères, se regardent en chien de faïence et essaient de s’attirer les faveur du nouveau représentant diplomatique. Le précédent ayant malheureusement procédé à un audit qui avait conclu à des gaspillages de fonds… L’auteure fustige les comportements de ces acteurs opportunistes pour lesquels les valeurs ne sont plus que des postures permettant de capter des ressources de façon totalement cynique.

“Feminism is an activity, not a philosophy… It is an income-generating activity in the NGO sector, just as human-rights is an income-generating activity in the NGO sector, election support is an income-generating activity in the NGO sector, and voter education is an income-generating activity in the NGO sector” p91

La seconde nouvelle que j’aimerais évoquer “a kind of justice” est sans doute liée aux missions que l’auteure a effectuée en tant qu’avocate. Elle ne se déroule pas au Zimbabwe (c’est la seule), mais dans le Liberia d’après la guerre civile, et c’est une réflexion sur la “justice d’exception” mise en place pour juger les chefs de la guerre civile. Des interrogations très pertinentes sur la justice internationale et ses exigences. La narratrice, avocate envoyée dans le pays en mission compare le traitement des justiciables et des détenus de droit commun au Libéria, le petit voleur des rues, celui qui tue un poulet avec sa voiture, avec le sort des chefs de guerre qui endossent la responsabilité de la mutilation de dizaines de milliers de personnes et d’autant de morts entre le Liberia et la Sierra Leone. En constatant des conditions de détention et d’auditions de justice privilégiées pour des personnes ayant été à l’origine de faits monstrueux, prison construite spécialement, impossibilité d’être condamné à la peine de mort, elle se demande si cette justice peut être perçue comme juste par l’homme de la rue…

Dans un contexte où la justice internationale est souvent parée de toutes les vertus, c’est une nouvelle intéressante à lire…

Au fait, saviez-vous que Bob Marley & the Wailers qui avaient été invités le 17 avril 1980 à chanter pour célébrer l’accession à l’indépendance du dernier pays africain encore colonisé?

 

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#JZ783…

Le hashtag du moment en Afrique du Sud…

Le hashtag du moment en Afrique du Sud, c’est #JZ783… 783 n’est pas le nombre fétiche de Jacob Zuma, c’est, selon ses détracteurs, le nombre de charges qui pèsent contre lui et contre lesquelles il aurait à se défendre s’il redevenait un citoyen ordinaire. L’utilisation de cette dénomination pour désigner le président Zuma a d’ailleurs créé un incident en séance du parlement le 22 novembre dernier, menant les parlementaires de la Democratic Alliance (principal parti d’opposition) à quitter l’hémicycle en signe de protestation.

Après la parution du rapport “State of Capture” (lire le billet que j’y avais consacré ici), les nuages continuent à s’amonceler au dessus de la tête du président sud-africain. Il a bien du mal à se garder de ses ennemis, et les journaux se font écho d’une inflation récente des mesures de sécurité autour de lui. Les soupçons de corruption et d’interférences avec les affaires sud-africaines de la galaxie affairiste de la famille Gupta minent le débat politique local et les contrefeux allumés par le président Zuma et ses amis semblent avoir du mal à fonctionner efficacement.

Thuli Madonsela, la précédente Public Protector avait recommandé que le président Zuma mette en place dans le mois suivant la parution du rapport, une commission d’enquête sous la responsabilité du Chief justice (le plus haut magistrat sud-africain) pour vérifier/invalider les soupçons de corruption que le rapport mettait en exergue. La semaine dernière, le président Zuma a décidé de faire examiner par les juges cette recommandation de madame Madonsela, et il se pourrait que la cour constitutionnelle, statuant sur la forme et non sur le fond du rapport rende une décision favorable à Jacob Zuma.

Sur le contenu du rapport, les médias appartenant à la famille Gupta ainsi qu’un certain nombre de leurs alliés auraient lancé une campagne Internet de décrédibilisation par voie de presse et sur les réseaux sociaux, mais qui n’a pas réussi à éloigner l’odeur de souffre du pouvoir politique. Les alliés du président Zuma ont relancé la rumeur de la malveillance d’un complot du #whitecapitalmonopoly (des gros bonnets blancs capitalistes).

Mais c’est de son camp que viennent les menaces les plus pressantes. Ce week-end s’est tenue à Pretoria une réunion du National Executive Committee de l’ANC et les voix appelant à une destitution de Zuma avant les élections de 2019 (et la conférence de fin 2017 qui doit désigner son/sa successeur/e) se sont faites plus pressantes, au point que certains membres sont revenus précipitamment de Stellenbosch où avait lieu le mariage d’un membre éminent de l’ANC pour apporter leur soutien à leur champion mal en point.

Après les scandales de Nkandla et le rapport “state of capture” et la déroute électorale de l’ANC d’août dernier (l’ANC a perdu le contrôle de trois des plus importantes municipalités d’Afrique du sud: Tshwane (Pretoria), Johannesburg et Nelson Mandela Bay au profit de ses adversaire de l’Alliance Démocratique), certains cadres de l’ANC n’hésitent plus à exprimer tout haut leur préoccupation et leur volonté d’en finir avec la présidence Zuma et l’érosion préoccupante de la base électorale de l’ANC. Les débats ont été tellement houleux que la conclusion de la réunion et la conférence de presse initialement prévues hier, 27 novembre en fin d’après-midi ont été reportées à ce soir…

De quoi animer les discussions du #saxonwoldshebeen ce soir!

 

Les éléphants dans un magasin de porcelaine… Des réseaux sociaux en Afrique du Sud

Je n’avais pas prévu de consacrer le premier post de ce blog à l’actualité sud-africaine, mais des incidents survenus le week-end dernier ont enflammé les réseaux-sociaux (ie: Facebook et Twitter) se propageant sur les médias nationaux où ils tiennent encore une bonne place une semaine après. J’avais envie de le commenter ici parce qu’ils me semblent symptomatiques de l’état de la société sud-africaine, vingt-deux ans après les premières élections démocratiques de 1994. La présidence de Mandela, la commission vérité et réconciliation, et le développement économique soutenu de ce pays dans la première décennie du vingt-et-unième siècle n’ont pas réussi à effacer les répercussions d’une histoire profondément marquée par le racisme, racisme de la colonisation érigé ensuite en système étatique via l’apartheid. Le graphe ici permet de montrer que le développement économique post-apartheid a principalement profité à la population blanche et indienne…

De quoi s’agit-il?

Depuis mon arrivée je lis régulièrement dans la presse et sur les réseaux sociaux, des comptes-rendus et des réactions à des incidents “racistes”. Les (avant) derniers en date concernent un jeune homme blanc s’attaquant à un ministre noir, et un étudiant noir s’en prenant à une serveuse blanche, et sont repérables sur twitter par les mots-dièse #whitetip #tipgate #whitewaitress où sous les noms des protagonistes.

#MatthewTheunissen s’est violemment insurgé, sur ses comptes twitter et FB, contre la décision du ministre des sports sud-africain Fikile Mbalula de ne pas accorder le droit à quatre fédérations sportives (dont celles de rugby et de cricket) de postuler pour l’organisation d’évènements internationaux, car elles n’ont pas respecté les objectifs de diversité qui leur avaient été imposés et ne sont pas représentatives de la société sud-africaine. Dans sa diatribe contre le ministre des sports (et le gouvernement dont il fait partie), le fervent supporter des Springboks s’est permis d’exprimer son désaccord en l’agrémentant de remarques racistes, expliquant que c’était une bande de kaffirs (terme extrêmement insultant ici) et de bons à rien. L’émotion causée par ces paroles inacceptables largement relayées pendant tout un week-end, fut telle que la maire du Cap, Patricia de Lille a déposé une plainte.

#NtokozoQwabe quant à lui est un jeune étudiant noir talentueux diplômé de l’université du Cap, leader à Oxford du mouvement #RhodesMustFall qui a reçu une bourse de la prestigieuse fondation Rhodes pour aller étudier à Oxford. Le week-end dernier, à l’issue d’un déjeuner dans un restaurant du Cap, il décida, en lieu et place du montant du pourboire, de faire figurer sur l’addition, à l’intention de la serveuse blanche: “je vous donnerai un pourboire quand vous nous aurez rendu les terres”. La jeune femme s’effondra en larmes. L’affaire en serait sans doute restée là si le jeune homme ne s’était pas vanté de son “mot d’esprit” sur Facebook. L’affaire prit de l’ampleur, entre ceux qui saluaient l’esprit d’à-propos de l’étudiant (“Give us back the land”est un des motto des mouvements étudiants et aussi de l’EFF de Julius Malema), et ceux qui s’étonnaient qu’on puisse s’en prendre à une serveuse et que dans la situation, c’était elle qui était en situation de faiblesse et non pas le client. Dans un élan de bon sentiment, un entrepreneur ému du sort de la jeune femme organisa un crowdfunding pour remplacer le “tip” qu’elle n’avait pas obtenu. En trois jours, plus de 140 000 rands furent récoltés, soit plus de mille fois ce qu’elle aurait obtenu si le jeune homme n’avait voulu faire le malin. Par ailleurs des voix se sont également élevées pour tenter de faire perdre au malotru le bénéfice de sa bourse et le faire renvoyer de l’université d’Oxford, ce que laquelle n’a pas accepté. La liberté d’expression n’y serait pas à géométrie variable ou du moins pas perméable aux scandales médiatiques.

Ces deux incidents sont révélateurs à plusieurs titres.

Sur les racines du racisme en Afrique du Sud et son inscription dans les mentalités, l’histoire est longue et compliquée, je ne suis pas compétente, et je ne connais pas assez bien cette société. En revanche, le ton et la multiplicité des attaques et des réponses sur les réseaux sociaux attestent de la béance de la plaie.

L’ampleur des réactions dans la twittosphère (Facebook restant plus privé, mais tout est relatif), dans la durée et dans la virulence des positions m’a surprise. La constitution de blocs très partisans et véhéments les uns vis à vis des autres. Les prises de paroles mesurées ont été assez rares (ou peu répercutées) et les anathèmes plus facilement jetés. (Je suis preneuse d’une méthode d’analyse des controverses sur les réseaux sociaux, si quelqu’un a ça dans ses cartons).

Pour la première affaire il y a eu une condamnation massive des déclarations de Theunissen, certains ont demandé qu’il soit renvoyé de son job, jeté en prison pour ses déclarations racistes. D’autres y ont vu une réaction typique de blanc privilégié qui n’a pas changé d’attitude malgré l’avènement de la démocratie. L‘avocat de son père a envoyé une déclaration de l’intéressé à la presse où celui-ci présentait ses excuses pour les propos qu’il avait tenu. La plainte de la maire du Cap auprès de la South African Human Rights Commission devrait être examinée et porter une conclusion officielle à cette affaire.

Pour la seconde affaire, c’est la disproportion entre l’offense encourue et la réparation via les internautes qui interpelle et qui continue à attiser les flammes. Certes, cette jeune femme a été humiliée par un acte d’une muflerie inqualifiable. On peut concevoir qu’elle en ait été blessée. En revanche l’ampleur de la réponse à l’opération de crowdfunding nourrit les rancoeurs plus qu’elle ne les apaise.Les détracteurs de la jeune femme scrutent ses traces sur les réseaux sociaux pour montrer qu’elle n’est pas irréprochable et ne s’est jamais inquiétée de la cause noire, que sa mère, dont elle finance par son travail une partie du traitement contre le cancer, partage des opinions racistes.

Au delà de cette polémique pitoyable, la question posée par cette tribune me paraît assez intéressante:  le prix des larmes d’une serveuse blanche serait il supérieur à celles d’une homologue noire? L’importance du montant (qui peut lui permettre si elle le souhaite de reprendre des études, elle qui les avait abandonnées faute de moyen de les financer) souligne pour certains cette asymétrie irrémédiable entre blancs et noirs. Quoi qu’il arrive en Afrique du Sud, les blancs seraient toujours mieux lotis. Malgré l’évolution de la classe moyenne noire, même s’il y a aussi des blancs pauvres en Afrique du Sud, la peau blanche protègerait mieux que la peau noire. Certains internautes ont regretté l’ampleur de ce mouvement de solidarité qui pourrait être compris à une réaction communautaire des blancs, d’autres ont proposé que pour éteindre la polémique la jeune femme fasse don de la différence entre le pourboire auquel elle avait droit et le total, à une association caritative. C’est à la jeune femme de décider comment clore cette polémique dont elle a été l’héroïne involontaire. Quant à son détracteur , il persiste et signe sur les réseaux sociaux et n’a pas l’intention de s’excuser.

Une autre réaction intéressante est celle du doyen de l’Université du Free State,  Jonathan Jansen qui renvoie dos à dos les deux hommes en trouvant que leur point commun est d’être à la fois des privilégiés diplômés, et des ignorants méprisants et posant la question de ce qu’on leur apprend finalement dans leurs études pour qu’ils en ressortent sans être capables de montrer la moindre jugeote.

Pour moi le plus significatif c’est la place qu’ont pris les réseaux sociaux dans la perpétration, la dénonciation et la pseudo-résolution d’injustices. Ce faisant on met en place des processus d’instruction sans juge, de décision sans critères, de témoignages sans hiérarchisation et vérification et une difficulté à clore les débats avec le risque de faire enfler les malentendus au lieu de les résoudre. Quelle que soit la décision de la SAHRC dans le premier et peut-être dans le second cas, il y a eu de chance qu’elle ait autant de résonance que la polémique qui aura été à l’origine des plaintes. Quelle justice peut-on espérer dans un monde où Internet relie tout le monde et où les réseaux sociaux représentent une telle arène? Comment peut-être perçue l’action, moins immédiate et plus profonde de la justice qui va chercher à qualifier les faits et peut-être conclure dans un sens qui ne serait pas celui de l’opinion publique majoritaire?  Et pourtant cette justice représente la collectivité et les lois que celle-ci s’est données, quoi qu’on en pense. Cette réflexion n’est d’ailleurs pas spécifique à l’Afrique du Sud, elle se pose dans toutes les démocraties. Dès lors que le peuple pense être mieux représenté par des diatribes sur les réseaux sociaux que par le juge, on peut se demander ce qu’il adviendra de l’Etat de droit…

La leçon que j’en tire, c’est qu’on doit se méfier de ses propres mouvements d’humeur. Les déclarations sur les réseaux sociaux quels qu’ils soient ne peuvent pas être considérés comme des déclarations privées, elles peuvent être dupliquées et exportées dans d’autres arènes de discussion et se propager dans la presse.